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Bons baisers de Russie

Bons baisers de Russie

Из России с любовью, parce que la Russie ne se limite pas qu'à la vodka et à la balalaïka... Ce blog est un rendez-vous incontournable pour celles et ceux qui souhaitent en(re)découvrir l'Histoire et la culture de la Mère Patrie, mais aussi plus généralement de l'Europe de l'Est.


Tchernobyl, les liquidateurs de l'extrême (Мотыльки, борьба любви и смерти)

Publié par Pauline Sacré sur 10 Juin 2017, 10:56am

Catégories : #Séries

Les quatre épisodes bout à bout, en russe. Hé oui, James Cameron n'est pas le seul cinéaste à réaliser des films de trois heures...

Мотыльки est une série ukrainienne de 2013, composée d'une seule saison de quatre épisodes. L'action se déroule en Ukraine même ; le scénario, bien que fictif, est inspiré de faits réels puisqu'il évoque la catastrophe de Tchernobyl, survenue en avril 1986.

L'histoire se concentre sur une adolescente de Kiev qui, le temps d'un week-end, se rend à Pripiat avec sa sœur aînée. Leur voiture tombe en panne et elles assistent, impuissantes, à l'explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl. La région est devenue un enfer pour ses habitants, qui sont évacués à partir du 27 avril ; les militaires, scientifiques et liquidateurs investissent la zone et la décontaminent avec les moyens du bord. Ils doivent également sécuriser le lieu de l'accident.

L'héroïne principale, Alya, s'éprend éperdument d'un soldat, qui a été mandaté par le père de cette dernière pour veiller à la sécurité des deux sœurs. Mariana, la plus grande, étant infirmière, est quant à elle réquisitionnée pour accompagner les premiers malades à l'hôpital n°6 de Moscou, où elle décédera comme eux du syndrome d'irradiation aiguë. Alya reste quelque temps dans la Zone Interdite pour rester au plus près de Pavel, dont l'état se dégrade rapidement. Il est envoyé en URSS pour bénéficier de soins adaptés, mais succombe comme beaucoup d'autres. Alya se sait enceinte de lui, mais refuse d'avorter ; à la fin du dernier épisode, on apprend qu'elle est morte et que sa fille a été confiée à un orphelinat ; une fois adulte, cette dernière profite d'un voyage organisé à Pripiat pour rendre un hommage à ses parents disparus.

Mon avis sur la série :  À un moment donné, j'ai eu vaguement l'impression que le scénario se basait sur le livre de Svetlana Alexievitch, Tchernobyl-La supplication. J'ai apprécié le parallèle entre la fiction et la réalité, le déroulement des faits étant respecté de près.

Fiche technique

Réalisateur : Vitaly Vorobyov

Acteurs : Mariya Poezhaeva, Yuriy Borisov, Andrey Kazakov, Yuliya Rutberg, Yuriy Nazarov

Durée : 4x52 minutes

Un peu de vocabulaire

ЧАЭС (Чернобыльская Атомная ЭлектроСтанция)=centrale nucléaire de Tchernobyl
РБМК (Реактор больщой мощности канальный)=réacteur de grande puissance à tubes de force1
ядерная энергия=énergie nucléaire
Чернобыльская авария=catastrophe de Tchernobyl
лучевая болезнь=la maladie des rayons
ликвидаторы=les liquidateurs
верталёт=hélicoptère
свинец=plomb
песок=sable
зиверт=Sievert2
бор=bore

пожар=incendie
взрыв=explosion

радиоактивность=radioactivité

 

1-Le RBMK 1000 est le modèle de réacteur exploité par la centrale Lénine, dite "de Tchernobyl", qui en utilise quatre au moment de la catastrophe (deux autres sont alors en cours de construction). Ce réacteur, qui comprend 1 700 crayons d'uranium, est instable et présente des défauts de conception. Les crayons d'uranium, appelés également tubes de force, servent à la fois d'accélérateur et de frein. L'un des problèmes majeurs de ce modèle est le temps que mettent les crayons à plonger dans le réacteur, vingt secondes, ce qui est beaucoup trop lent ; de surcroît, ils ne fonctionnent que sur demande des techniciens. À titre de comparaison, à l'époque de Tchernobyl, dans les centrales occidentales, les crayons d'uranium descendent en deux secondes et fonctionnent non seulement sur commande manuelle, mais peuvent également plonger tout seuls dans le cœuren cas de secousse sismique (certains modèles, notamment les nippons, sont équipés de détecteurs de séisme).

2-Au moment de l'accident, l'unité de référence pour la mesure de la radioactivité en URSS est le Röntgen (Рентген). Le taux normal de radioactivité dans l'air avoisine les 12 millionièmes de Röntgen ; le 26 avril 1986 en début d'après-midi, à Pripiat, la radioactivité mesurée est de 200 millièmes de Röntgen, soit quinze mille fois la norme. En début de soirée, les chiffres explosent à l'image du réacteur la nuit précédente, atteignant six cents mille fois la norme. Les militaires chargés d'effectuer ces mesures commencent à douter : est-ce le matériel qui ne marche pas, ou le gouvernement qui leur a menti ? Sans savoir que le réacteur se consume toujours, ils réalisent cependant que c'est le début de l'apocalypse : ils savent que l'être humain peut absorber jusqu'à 2 Röntgen par an sans aucune conséquence sur sa santé, mais que la dose létale est de 400 Röntgen par an. D'après les taux constatés, ils comprennent que les habitants de Pripiat pourraient assimiler cette dose en trois ou quatre jours et ordonnent alors leur évacuation, qui a lieu le 27 avril.

Pour en savoir plus sur Tchernobyl

https://www.contrepoints.org/2016/04/27/249557-que-sont-devenus-les-reacteurs-rbmk

http://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/Les-accidents-nucleaires/accident-tchernobyl-1986/consequences-industrie-nucleaire/Pages/3-Les_reacteurs_RBMK.aspx#.WSxSFuvyiUk

Chanson écrite en 2005, en hommage aux victimes de Tchernobyl

Chanson écrite par Renaud Séchan en 2006, sur un album collectif de Greenpeace à l'occasion du vingtième accident de la catastrophe

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